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Mise à jour : 27/02/2013 16:13

Le poids et les retombées civiles des recherches de défense

La fin de la Guerre Froide, le souci d’une optimisation des dépenses publiques par la recherche d’une meilleure synergie entre les domaines civils et militaires ont permis de réduire les financements publics de R&D (Recherche et Développement) de défense. Après avoir atteint un niveau record en 1990 et un minimum en 1998, ils représentaient en 2005 :
  • 0,2 % du produit intérieur brut,
  • 8,4 % des dépenses nationales de R&D,
  • 18,2 % des dépenses publiques de R&D,
  • 7,9 % des dépenses de R&D exécutées par les entreprises,
  • 8.5 % des dépenses de R&D exécutées par les administrations,
  • 66,5 % du financement de la R&D des entreprises en provenance du secteur public.

Avec ce financement, la défense reste un acteur majeur du monde de la recherche et maintient les mêmes positions fortes qu’à l’époque où elle était considérée comme un « entraîneur technologique » pour l’industrie (Commissariat Général du Plan, 1992). Sur les 25 branches adoptées par les statistiques gouvernementales pour décrire les activités de recherche menées par les entreprises, la R&D de défense continue à avoir un poids significatif dans les domaines de l’aéronautique et de l’espace, des instruments de précision et des machines et équipements mécaniques.

Profitant du dynamisme et des avancées de certains secteurs d’activités civiles, la défense vise à ne financer que les technologies à usage a priori spécifiquement militaires et la militarisation de solutions sur étagères. Mais contrairement à certaines idées reçues, cette politique mise en œuvre depuis quelques années n’a pas sonné le glas des retombées civiles de la recherche de défense. Comme par le passé, de nombreux travaux initialisés par des besoins militaires se traduisent par des applications dans le domaine civil.

Les études amont irriguent tout un tissu industriel allant des grandes entreprises ou groupes jusqu’aux PME. Le caractère souvent dual de leurs activités, leurs efforts de diversification favorisent la diffusion des connaissances technologiques acquises par la recherche de défense vers le secteur civil. Les principaux domaines bénéficiaires de ces transferts sont les matériaux, les composants électroniques, l’avionique, la propulsion aéronautique et spatiale, la robotique, la sécurité...

Quelques exemples de retombées civiles récentes ou annoncées

Les composants hyperfréquence à Arséniure de Gallium (AsGa) développés pour les radars, la guerre électronique et les communications militaires, sont utilisés intensivement depuis 10 ans pour des applications civiles professionnelles et grand public (téléphone portable, télécommunication sans fil haut débit, réseaux) et les radars anti-collision des automobiles. Une filière GaN (Nitrure de Gallium) aux performances améliorées par rapport à l’AsGa se met aujourd’hui progressivement en place grâce au soutien apporté par des études amont. Les détecteurs infrarouges non refroidis développés pour des besoins militaires (vision nocturne du fantassin, conduites de tir, systèmes de guidage terminal de munitions,etc.) sont proposés au secteur civil pour des applications telles que la thermographie, l’imagerie médicale, la maintenance préventive, la sécurité (caméras de surveillance)... Des technologies développées pour le programme FELIN (Fantassin à Equipements et Liaisons Intégrés) et le système d’information tactique SITEL (Système d’Information Terminal Elémentaire), vont être intégrés aux futurs équipements des sapeurs-pompiers de Paris pour apporter des fonctionnalités nouvelles (transmissions de la voix mais aussi des données, images fixes et vidéo, grâce à un réseau radio multimédia à haut débit ; capacité de détection des victimes et des personnels en espace clos sans visibilité ; affichage en trois dimensions, en temps réel, au terrain d’intervention avec localisation des personnels engagés ; gestion centralisée des équipements individuels de sécurité). Le corps haute pression du moteur SaM 146 destiné à la propulsion d’avions régionaux bénéficie de technologies mises au point dans le cadre du programme de recherche PHT (Plateforme Haute Température) soutenu par la DGA. Des matériaux thermostructuraux avancés pour l’ensemble arrière des propulseurs stratégiques dont la mise au point a été initiée dans le cadre des études amont préparant la refonte à mi-vie du missile M-51 sont d’ores et déjà utilisés par le moteur du premier étage du futur petit lanceur européen Véga. Dans le domaine de la navigation inertielle, le gyroscope résonnant hémisphérique, mis au point pour des applications missiles, est en passe d’être proposé à l’aéronautique civile.

Suivant les domaines, le montant des études soutenues par la défense ayant des retombées civiles peut être estimé entre 20 % et 80 % des crédits alloués, soit un total voisin de 400 à 450 millions d’euros.

Le programme « Recherche Duale » (200 millions d’euros par an) placé sous la responsabilité de la DGA a par essence des retombées civiles. Exécuté par le Commissariat à l’Energie Atomique et le Centre National d’Etudes Spatiales, il concerne les sciences du vivant (20 millions d’euros), les sciences et techniques de l’information et de la communication (5 millions d’euros), le domaine aérospatial (165 millions d’euros) et des domaines tels que les micro et nanotechnologies, les matériaux et les procédés, les technologies de l’énergie, la connaissance de l’environnement, l’optique et la physique, l’environnement et le développement durable.

Une étude économétrique réalisée en 2003 par l’OEP (Organisation et Efficacité de la Production) de l’université Paris Est Marne-la-Vallée sur un panel d’entreprises françaises (241 du secteur défense et 1770 du domaine civil) montre que les retombées du secteur défense vers le civil sont plus importantes que celles du civil vers la défense. Pour la période considérée (1992 - 1998), un investissement supplémentaire en R&D de un milliard d’euros aurait généré, pour l’ensemble des entreprises, un chiffre d’affaire en produits innovants quatre fois supérieur s’il avait été réalisé dans le secteur défense que dans le secteur civil, du fait d’une plus grande diffusion des connaissances technologiques issues de la recherche depuis la défense vers le civil qu’en sens inverse.

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